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Devenir manager n'intéresse toujours pas salariés français

par webmaster le 20-12-2017

Devenir manager n'intéresse toujours pas les salariés français


Les managers ont mauvaise réputation : seulement deux salariés français sur dix ont l'ambition de le devenir, selon une étude BVA. Le manager idéal est selon eux «juste et bienveillant» : des qualités qu'ils estiment rencontrer trop rarement.

«Devenir chef? Jamais!», titrait Le Figaro en janvier 2009, en expliquant que les postes à responsabilités attirent de moins en moins les salariés. Huit années après, la tendance est inchangée: elle est même renforcée! C'est le diagnostic que dévoile une étude réalisée par l'institut BVA et Audencia Business School auprès d'un millier de salariés français. Le constat est sans appel: 79% d'entre eux n'ont aucune envie de devenir manager, ce poste qui engendre trop de stress, gangrené par les lourdeurs administratives - les fameux «process» - et pour lequel la reconnaissance est trop rarement au rendez-vous.

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L'étude pointe aussi du doigt une terrible frustration des salariés: celle de n'avoir jamais rencontré ce mythe du manager idéal, véritable prince(sse) charmant(e) qui saurait «motiver les équipes» (besoin prioritaire pour 62% des sondés), tout en étant un expert de son domaine (49%), «juste et bienveillant». Un manque qui explique pourquoi 48% des salariés estiment que la présence de leur manager n'impacte en rien leur performance. Pis, 16% pensent même qu'ils seraient plus efficaces si celui-ci était moins présent! Des chiffres qui expliquent pourquoi le manager a si mauvaise réputation...

Des innovations managériales à relativiser

Même si l'époque est à la transformation digitale, à la disruption et au management innovant, les salariés constatent peu de changements dans les faits: 71% des salariés jugent le management de leur entreprise peu ou pas du tout innovant, alors que 49% reconnaissent avoir vécu un changement majeur d'organisation. Ces chiffres soulignent la forte dimension marketing du discours des entreprises, prônant l'innovation tout en mettant en œuvre des méthodes finalement très traditionnelles. Ainsi, seuls 53% des salariés saisissent l'intérêt des innovations managériales, et 64% les perçoivent comme des outils favorisant principalement la performance économique et la productivité, loin devant le souci de bien-être des salariés.

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La rémunération demeure un aspect capital pour l'engagement des salariés, peu importe la génération. Mais les résultats de l'étude montrent également quelques disparités générationnelles. Ainsi, les nouvelles générations sont davantage en attente d'accompagnement de la part de leur N+1 que leurs aînés: 26% des 18-34 ans estiment qu'ils seraient plus performants si leur manager était davantage présent, contre 18% pour les 35 ans et plus (20% au global). Enfin, la majorité des salariés issus des nouvelles générations (soit 53% des 18-34 ans et 45% pour les 35 ans et plus) ne souhaite pas être intégrée à la réflexion sur les innovations managériales dans leur entreprise.