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Langue française : Ces formules stressantes à éviter dans mails

par Pierre Berthet le 10-03-2018

Ces formules stressantes à éviter dans vos mails

  • Par  Alice Develey
  • Publié le 24/01/2018 à 06:00  - Le Figaro – Langue Française

«Suite à», «Merci par avance»... Certaines expressions convenues dans nos correspondances électroniques peuvent s'avérer contre-productives. Louise Fontana, content manager chez Cadre emploi, analyse ces habitudes à éviter.

Il faut être déterminé, mais non pas sec. Précis, sans être lapidaire. Clair, sans céder au récit à l'impératif. Et évidemment, sans jamais couper aux règles de politesse! Lorsque nous sommes dans la vive attente d'un message, d'une réponse à un e-mail, le ton de nos courriels peut parfois s'avérer cassant, voire inconvenant.

Si notre agacement est- en général- sous-jacent, il n'en reste pas moins -souvent- palpable et susceptible de créer, alors par effet de ricochet, un malaise. «C'est pour cela qu'il est très important, dès la rédaction de notre mail, de soigner sa forme», explique Louise Fontana, content manager chez. «On évitera par exemple d'écrire des mails de plus de dix lignes, à part cas très exceptionnel, pour éviter de stresser notre interlocuteur. Il n'y a en effet rien de plus énervant que de recevoir un roman parmi les 50 mails que l'on a déjà reçus dans notre boîte e-mail. Il est préférable d'aller droit au but. C'est selon moi, la règle d'or du message électronique.

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De la même manière, on évitera l'accumulation de mails sur un même sujet explique la spécialiste. «La messagerie mail n'est pas le bon outil pour avoir une conversation. Si au bout de trois mails le sujet n'est pas traité, on fait perdre du temps à nos collègues et on embouteille un peu plus nos boîtes e-mails.»

Pour éviter les fautes de goût et les erreurs de style, Louise Fontana analyse les formules stressantes à éviter dans nos mails.

? «Suite à». Cette accroche de mail a de quoi faire grincer les dents des amoureux de la langue française. Car ainsi que l'indique l'Académie française, la formule est en réalité un abus de langage. Elle est une contraction impropre de «à la suite de» ou «pour donner suite à». Une bien mauvaise façon donc de commencer son mail...

? «Je m'excuse». Voilà une faute de français qui peut avoir l'effet inverse de ce que l'on escomptait. Rappelons en effet que la formule correcte est «je vous prie de bien vouloir m'excuser». Si l'on venait à écrire «je m'excuse» à un supérieur ou à un collègue, on commettrait alors une seconde faute. Et cette fois-ci, de goût!

Précisons ensuite qu'il est préférable, pour notre trajectoire de carrière, de ne pas envoyer un mail pour présenter des excuses. On n'écrit pas en effet de message pour se flageller. S'il fallait absolument présenter des excuses, on préférera le faire en face-à-face.

«Merci de/Merci par avance». Ces formulations ne sont pas seulement agaçantes, elles sont aussi stressantes. Elles exercent une désagréable pression sur le destinataire. Cela n'est pas très heureux et tout l'inverse d'un remerciement. On évitera donc de les employer puisqu'elles induisent une forme de coercition.

«Cdt/asap». Deux maudites abréviations! «Cdt», vous l'avez compris, signifie «cordialement» et «asap», pour sa part, as soon as possible, c'est-à-dire «aussi vite que possible». Quitte à être cordiale autant prendre la peine, par politesse, d'écrire «cordialement» en entier. Quant à l'acronyme «asap», très à la mode, il exerce une terrible contrainte sur votre interlocuteur, qui doit comprendre que son temps lui est compté. Il est donc lui aussi à bannir.

Ajouter le ou la N+1 et N+2. Certains collègues pensent qu'ajouter le N+1 ou N+2 donnerait une plus grande importance à notre mail et obligerait de fait, le destinataire à s'en occuper en priorité. Ce très mathématique rappel de hiérarchie peut pour le moins indisposer votre interlocuteur. C'est une maladresse regrettable.

Bonus:

? Les astuces qui n'en sont pas: ajouter un «Re-» en début d'objet! Si vous l'utilisez pour signifier à votre interlocuteur que «vous vous êtes déjà parlé» alors que ce n'est pas le cas, vous prenez le risque qu'il le remarque et qu'il ne se sente plus dès lors en confiance. Attention donc aux formules contre-productives!

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