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Expressions à bannir bureau : Moi personnellement je pense !

par webmaster le 09-04-2018

Les expressions à bannir au bureau : «Moi personnellement je pense !»


LE BUREAULOGUE - Chaque lundi, Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, décrypte un mot ou une expression grotesque que nous prononçons au bureau et qu'il faut éradiquer de notre vocabulaire.


Studio Figaro.

La machine à café est le noyau de l'entreprise où règne impétueusement le syndrome du «moi je». Je m'explique et plante le décor. Lundi matin, neuf heures passés de trente minutes. Premier café pour certains, et déjà le troisième pour d'autres! Une discussion entre trois collègues qui discutent - ou plus précisement, comparent - leurs week-end respectifs. «Je suis partie à Deauville ce week-end, il faisait un temps merveilleux. Nous étions dans un hôtel plein de charme, pas loin de la plage.» Pas mal! «Moi j'étais en Bretagne, le temps était pourri, mais mon père m'avait prêté son nouveau Range Rover Velar», réplique le deuxième collègue qui a la réputation d'en faire des tonnes. «Moi je pars en vacances à Bali dans deux semaines», ajoute nonchalamment le troisième larron en sirotant son café. Je vous laisse élire votre gagnant!

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La série culte diffusée sur M6 «Caméra Café» l'a parfaitement mis en scène. Cette saynète de la vie de bureau est jouée des milliers de fois, chaque lundi, dans des centaines d'entreprises françaises... Elle met en lumière un tic de langage insupportable, un pléonasme révélateur de l'ego surdimensionné de certains de nos collègues. Et leur volonté de ne faire aucune concession. «Moi personnellement je pense que nous devrions revoir l'ensemble du projet», lance une collègue très - un peu trop - sûre d'elle en réunion, devant une quinzaine de personnes. Elle, personnellement, pense donc qu'il faudrait revoir totalement un projet sur lequel quinze personnes travaillent depuis six mois! Sans aucune diplomatie.

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Qu'en pensent ses camarades? Si la réponse de l'un d'entre eux commence par «Moi personnellement j'estime que...», les valeurs de «partage» et de «vivre ensemble» si chères à l'entreprise semblent fort compromises! Je propose donc une mesure toute simple pour améliorer le «vivre ensemble» à la machine à café et en réunion. Une mesure que toutes les entreprises pourraient prendre, et qui commenceraient par un mail en interne, à l'ensemble des équipes: un décret sur mesure qui formulerait l'interdiction d'utiliser cette expression pléonastique!