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Les drôles de règles de la langue française

par webmaster le 22-03-2019

Les drôles de règles de la langue française...

  • Par  Alice Develey  - Le Figaro
  • Mis à jour le 22/03/2019 à 08:51
  • Publié le 22/03/2019 à 07:00

Étymologie, grammaire, orthographe... L’auteur et formateur du Projet Voltaire, Julien Soulié, publie Par humour du français!. Un livre qui nous initie aux bonheurs et aux subtilités de la langue française.

D’habitude, les piqûres soignent les malades. Mais dans le cas de Julien Soulié, le virus inoculé a eu un effet contraire. Depuis que le professeur et formateur du Projet Voltaire s’est piqué du bacille du subjonctif imparfait, il est devenu un fanatique de la langue française. Non content d’avoir transmis son «etymomania» (comprenez folie pour l’étymologie) à ses élèves du collège, il veut aujourd’hui nous l’injecter à travers un livre. Par humour du français!, (La Librairie Vuibert) est un ouvrage aussi ludique que pédagogique qui se dévore comme une petite boîte de chocolats, à l’arôme parfois bien piquant!

Étymologie, grammaire, orthographe... L’auteur étudie toutes les exceptions et les particularités du français, sans jamais couper à son esprit guilleret. On navigue entre des chapitres intitulés «Adopteunmot.com», «À la recherche des temps perdus» tout en surfant sur des anecdotes alléchantes. Saviez-vous ainsi que le mot «péage» ne vient pas du verbe «payer» mais du latin pedaticum, «droit de passer à pied»? que le terme «forcené» désigne à l’origine celui qui est «hors de son sens» et qu’il n’a ainsi, rien à voir avec celui qui «fait montre de force»? L’auteur tord le cou aux idées reçues, sans couper court aux vérités oubliées. Ainsi, à ceux qui voudraient faire de la langue gauloise, «notre langue d’origine», l’auteur rappelle que «la langue celtique s’est fait laminer par l’envahisseur latin, grosso modo entre le Ier et le Ve siècle après J.C». Et de préciser: «On estime qu’aujourd’hui, dans un dictionnaire de soixante mille mots comme Le petit Robert, autour de deux cents mots gaulois ont survécu.» Par exemple: mouton, bouc, chêne, sapin, tonneau et... braguette, qui vient des «braies».

Un virus bien contagieux Pas question non plus de faire remonter le mot «nénuphar» aux Grecs. Le mot a une étymologie arabo-persane (nînûfar), il s’écrit donc en réalité avec un «f». Toutefois, note l’auteur, «les hasards de l‘histoire ont imposé, via le latin médiéval, la graphie nénuphar, par analogie avec nymphéa». Le mot «bar» quant à lui, fut emprunté au français «barre» au Moyen Âge, avec le sens de «barre de comptoir», avant de revenir sous sa forme anglaise au XIXe siècle.  Aucune difficulté ne résiste à Julien Soulié. L’auteur leur rentre dedans comme Hercule avec l’Hydre de Lerne et décime une à une les subtilités qui nous font trembler. Adjectifs de couleur, participes passés, homonymes, accents aigus et graves... Chaque problème à sa solution. C’est férocement intelligent. Jugez plutôt: le mot cauchemar serait issu d’un croisement entre le picard cauchier (ancien français d’un verbe signifiant «fouler, presser») et mare (mot néerlandais signifiant «fantôme»). Plus question de mettre un «d» fautif!

Le livre Par humour du français! Tient sa promesse de nous donner envie de nous plonger dans les méandres de la conjugaison comme de la grammaire. Pari réussi donc pour Julien Soulié. Son virus de la langue française est décidément bien contagieux!

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