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Fin changement d'heure : pourquoi c'est plus compliqué ...

par webmaster le 28-03-2019

Fin du changement d’heure : pourquoi c’est plus compliqué que ça en a l’air

16h35, le 27 mars 2019 – Le Journal du Dimanche

La fin de l’heure d’été et de l’heure d’hiver a été votée par le parlement européen. Elle ne devrait pas entrer en vigueur avant 2021 et pose de nouvelles questions.

Dimanche à 2 heures, les Européens devront régler leur montre avec le passage à l’heure d’été. Un geste qu’ils pourraient bientôt abandonner. Le parlement européen a voté mardi la fin du changement d'heure saisonnier d’ici à 2021. Adopté à 410 voix contre 192 et 51 abstentions, le texte prévoit de laisser le choix aux Etats membres de rester à l’heure d’hiver ou l’heure d’été. Les eurodéputés ont toutefois repoussé de deux ans, le projet de la Commission qui voulait initialement enterrer le changement d’heure dès 2019.

Généralisée à toute l'UE en 1980

Instauré au début du XXe siècle dans plusieurs pays d’Europe pour réaliser des économies d'énergie, le changement d'heure en été et en hiver avait été abandonné par la France pendant la Seconde Guerre mondiale avant d’être remis en vigueur en 1976 pour amortir les effets du crack pétrolier. Il avait été généralisé à toute l’UE en 1980 mais suscite de vives oppositions depuis des années. Ses détracteurs invoquent des effets négatifs sur le sommeil et la santé ou sur les accidents de la route et l'absence de réelles économies d'énergie. Autour du monde, ce changement d’heure a ainsi été abandonné dans plusieurs pays comme en Russie ou en Turquie. Dans l’Union européenne, une consultation organisée en ligne à laquelle ont répondu 4,6 millions d’Européens a poussé la Commission européenne à s’emparer du sujet. 'Les gens veulent ça, nous le ferons', avait annoncé l’été dernier Jean-Claude Juncker.

Les Français plutôt pour l'heure d'été Selon la résolution votée au parlement, chaque pays conservera le pouvoir de fixer son propre fuseau horaire, soit de choisir entre l’heure d’été et l’heure d’hiver. Des pays du nord comme les Pays-Bas ou le Danemark penchent pour l’heure d’hiver. D’autres pour l’heure d’été. Tandis qu’un dernier groupe de pays parmi lesquels le Portugal ou la Grèce souhaitent préserver le système actuel, essentiellement pour des raisons touristiques. Et en France? Une consultation en ligne organisée par l’Assemblée nationale révèle que 83,71% des personnes qui y ont répondu souhaitent mettre fin à ce changement d’heure. 59,17% souhaite rester définitivement à l’heure d’été. Une solution qui permettrait de conserver les longues soirées d’été mais qui impliquerait aussi qu’au plus fort de l’hiver, le soleil ne se lève pas avant 9h30.

Risque de 'créer une usine à gaz' Parmi les députés européens qui se sont opposés à cette résolution, on retrouve plusieurs Français. Les membres des Républicains Rachida Dati, Nadine Morano ou encore Michèle Alliot-Marie mais aussi les socialistes Eric Andrieu et Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy. Le LR Renaud Muselier, qui a aussi voté contre, a justifié son choix par le risque de 'créer une usine à gaz'.

Si chacun choisit une voie différente, la situation pourrait vite devenir complexe avec de nombreux décalages horaires entre pays frontaliers. C’est pourquoi, les députés ont dans leur résolution, souhaitée que les pays membres et la Commission se coordonnent pour garantir que l’application de l’heure d’été dans certains pays et de l’heure d’hiver dans d’autres ne perturbe pas le fonctionnement du marché intérieur. On ne peut pas se permettre d'avoir un patchwork d'heures différentes dans l'Union européenne 'Si la Commission estime que les régimes horaires prévus sont susceptibles de perturber de façon significative et permanente le fonctionnement du marché unique, elle pourra soumettre une proposition visant à reporter la date d’application de la directive de 12 mois maximum', précise le texte adopté. 'On ne peut pas se permettre d'avoir un patchwork d'heures différentes dans l'Union européenne, en conséquence nous attendons des Etats membres qu'ils coordonnent leurs décisions', insiste l'eurodéputée suédoise Marita Ulvskog (social-démocrate), rapporteuse du texte. Pour être définitivement adoptée, la résolution va de toute façon être débattue par le Conseil de l’UE qui regroupe les ministres de la zone euro. Avant cela, les Européens pourront toujours se demander s’ils vont perdre ou gagner une heure.

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