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Pour première fois, une femme, prend tête, société du CAC 40

par webmaster le 21-03-2016

Pour la première fois, une femme prend la tête d'une société du CAC 40

Sophie Bellon aux côtés de son père Pierre à qui elle succède à la tête de Sodexo qui intègre ce lundi le CAC 40


Ce lundi, Sodexo, spécialiste de la restauration collective, remplace Alstom dans le CAC 40. Et du coup sa nouvelle patronne, Sophie Bellon, devient la première femme à présider aux destinées d'une des 40 plus puissantes sociétés françaises.


C'est une petite révolution dans le cercle très fermé des patrons du CAC 40. Ce lundi, pour la première fois depuis la création de l'indice boursier, une femme prend la tête d'une société cotée par les 40 entreprises françaises les plus puissantes. A la faveur de l'entrée dans le CAC 40 de Sodexo, dont elle a pris les rênes en janvier dernier, Sophie Bellon, qui succède à son fondateur de père Pierre, est la patronne de ce groupe spécialisé dans la restauration collective et surtout le leader mondial du service aux entreprises qui emploie 420.000 personnes dans le monde, dont 37.000 en France. Ce qui en fait le 19e plus gros employeur au monde et le 1er français. Certains pourront toujours rétorquer qu'Anne Lauvergeon, ex-patronne d'Areva, a été la première à rejoindre le cénacle des grands patrons français mais à l'époque en 2001 le géant du nucléaire ne faisait pas partie du CAC 40.

Même s'il faut bien reconnaître que la France ne se distingue pas trop par sa propension à laisser les femmes accéder aux plus hautes responsabilités des grandes entreprises, une autre femme connaîtra, elle aussi, son heure de gloire. Son nom? Isabelle Kocher. Méconnue du grand public, l'actuelle directrice générale déléguée d'Engie (ex-GDF Suez) a pourtant fait quelque peu parler d'elle. En effet, cette femme de 49 ans aurait dû être la première PDG d'une société du CAC 40 mais Sophie Bellon lui a donc volé la vedette. Il n'empêche, le 3 mai prochain, lors de l'assemblée générale, Isabelle Kocher sera intronisée directrice générale d'Engie. C'est elle qui sera donc la nouvelle patronne opérationnelle du groupe. Mais d'aucuns soupçonnent Gérard Mestrallet, le futur ex-PDG d'Engie qui sera président du conseil d'administration du groupe pour les deux prochaines années, de vouloir garder les commandes du groupe. «Il ne faut pas s'y tromper. Celui qui a les clefs - et le chéquier - dans un tel schéma, c'est le directeur général», confiait au Figaro, en février dernier, un proche du dossier. Et comme le dit en privé Gérard Mestrallet, “le patron, ce sera Isabelle”.

Sodexo respecte la loi Copé-Zimmermann

Si l'on se fie à Gérard Mestrallet, la France comptera donc deux femmes patronnes d'entreprises du CAC 40 en l'espace de moins de deux mois, après avoir été absente de ce classement pendant près de trente ans. Enfin trois, diront certaines féministes. Depuis 1996, Élisabeth Badinter préside en effet le conseil de surveillance de Publicis, fondé par son père Marcel Bleustein-Blanchet et présidé par Maurice Lévy. Mais il ne s'agit pas d'une fonction exécutive.

Aux États-Unis, voir une femme PDG d'une grande entreprise cotée, c'est monnaie courante. On peut citer: Marissa Mayer chez Yahoo! (17 juillet 2012), Mary Barra chez General Motors (15 janvier 2014), Meg Whitman chez Hewlett Packard (1er novembre 2015) et Virginia Rometty chez IBM (1er janvier 2012). Deux sont même en poste depuis près de dix ans: Irene Rosenfeld chez Mondelez (26 juin 2006) et Indra Nooyi chez Pepsico (1er octobre 2006).

Si on a du mal, en France, à faire confiance aux femmes pour occuper la fonction de PDG, ces dernières semblent trouver, petit à petit, leur place au sein des conseils des grandes entreprises: en 2015, plus de 34% de leurs membres sont des femmes. Un chiffre qui a triplé depuis 2009, même s'il reste inférieur aux 40% prévus par la loi Copé-Zimmermann. Si le texte législatif devait entrer en vigueur cette année, seules 12 entreprises du CAC 40 respecteraient la loi, comme vous le révélait Le Figaro en février dernier. La palme du meilleur élève en la matière revient à Engie (ex-GDF Suez) avec 11 femmes sur 19 membres du conseil d'administration, soit un taux de près de 58%! Et le nouveau venu Sodexo? Le groupe serait dans les clous avec un taux de près de 43% (six femmes sur quatorze membres).