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Michou, un monument parisien

par Pierre Berthet le 26-01-2019

Michou, un monument parisien

A 87 ans, l’homme en bleu règne toujours sur son cabaret de travestis à Montmartre. A côté des stars, le lieu a vu défiler des personnalités politiques de tous bords. Car l’amitié de son propriétaire est précieuse pour ceux qui convoitent la capitale.

Par Camille Vigogne Le Coat Publié hier à 06h40 - Mag. Le Monde - 26 janvier 2019

Temps de Lecture 14 min.


Michou chez lui, le 20 décembre 2018.
Michou chez lui, le 20 décembre 2018. MACIEK POZOGA POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

« Elle est pas morte, celle-là ? », attaque perfidement Michou. « Celle-là », c’est Anne Hidalgo, dont le nom vient de surgir dans la conversation. L’édile socialiste de Paris, élue depuis dix-sept ans dans la capitale, comme adjointe puis maire, n’a jamais mis les pieds dans le cabaret du vieil homme. Pire, elle a même commis l’affront « d’annuler deux fois » sa venue.

A 87 ans, le patron du plus ancien cabaret parisien n’a plus toutes ses jambes, mais encore toute sa tête, et il n’oublie jamais un affront. Assis à sa gauche, Pierre-Yves Bournazel, 41 ans, député (Agir) du 18arrondissement, un ancien du parti Les Républicains qui rêve de déloger Hidalgo aux municipales de 2020, ne perd pas une miette de la saillie. Lui est bien là, droit comme un I, à côté de « [son] grand ami Michou », contrairement à Eric Lejoindre, le maire socialiste du 18e, qui a préféré envoyer un adjoint.

« Michou marche aux personnes et à la fidélité. » Pierre-Yves Bournazel, député sans étiquette issu de la droite parisienne

Ce samedi après-midi de décembre 2018, on fête le Noël des Petits Poulbots dans un restaurant de la butte Montmartre, une association d’aide à la jeunesse à laquelle Michou reverse les recettes de son livre Prince bleu de Montmartre (Cherche Midi, 2017). Autour de la table, assailli par les enfants auxquels il distribue des cadeaux, l’octogénaire semble presque rajeuni. « Michou marche aux personnes et à la fidélité », glisse Bournazel, qui ne manque jamais une occasion de lui manifester la sienne.

A moins de deux ans du scrutin municipal, il ne faut négliger aucun relais. Traduction d’Eric Lejoindre : « Pierre-Yves lui fait une cour du feu de Dieu. » En soixante-deux ans de cabaret.....