RETOUR

Covid 19. transmission juste en respirant et en parlant

par webmaster le 23-07-2020

 Covid 19. Transmission juste en respirant  et en parlant .

Une équipe de l'université du Nebraska a pour la première fois réussie à faire se répliquer des particules de SARS-CoV-2 prélevées dans l'air de chambres de malades du Covid-19. Ils valident ainsi l'hypothèse selon laquelle le virus n'est pas seulement transmissible par les postillons et les grosses gouttelettes émises par la toux et les éternuements.

Selon Benedetta Allegranzi, responsable technique de l'OMS, la possibilité d'une transmission aérienne dans les lieux publics ne peut être exclue, « en particulier dans des conditions très spécifiques, comme les endroits surpeuplés, fermés, mal ventilés ». (Charles Platiau/Reuters)


Par Les Échos Publié le 22 juil. 2020 à 9h38 Les doutes existaient déjà. Il n'avait toutefois jamais été démontré que les particules virales du nouveau coronavirus présentes dans l'air « en aérosols » étaient suffisamment intactes pour se répliquer et provoquer une infection. Une étude, réalisée par une équipe de l'université du Nebraska, vient aujourd'hui le confirmer. Pour la première fois, les chercheurs ont réussi à faire se répliquer des particules de SRAS-CoV-2 prélevées dans l'air de chambres de malades du Covid-19. Ils valident ainsi l'hypothèse selon laquelle le virus est transmissible non pas seulement par les postillons et les grosses gouttelettes émises par la toux et les éternuements, mais aussi par de microscopiques gouttelettes rejetées en respirant et en parlant. Elles sont si légères qu'elles restent en suspension longtemps, en l'absence de ventilation. Transmission en lieux clos  La prudence reste de mise toutefois. Ces résultats sont préliminaires et n'ont pas été examinés par le comité de lecture d'une revue scientifique, qui devra confirmer que la méthode employée par les scientifiques est valable. Les chercheurs ont prélevé l'air dans les chambres de cinq patients alités, 30 cm au-dessus de leurs pieds environ. Les patients parlaient, quelques-uns toussaient. Les scientifiques ont ainsi réussi à collecter des microgouttelettes de moins de cinq microns de diamètre.  Ils ont ensuite isolé le virus et l'ont placé dans un milieu spécial pour le faire se répliquer. Ils n'ont réussi à se faire répliquer avec certitude que trois des 18 échantillons, venant de gouttelettes d'un micron. Joshua Santarpia, professeur au centre médical du Nebraska, en est toutefois persuadé : « il se réplique en culture cellulaire et est par conséquent infectieux ». Port du masque Au début de la pandémie les autorités sanitaires estimaient qu'une contamination par voie aérienne était peu probable. Plusieurs pays, ainsi que l'Organisation mondiale de la santé, affirmaient alors que la contamination directe, par postillons et gouttelettes directement projetés sur le virus, était la voie principale de contamination. Mais, sous la pression de plus de 200 chercheurs ayant publié une lettre ouverte , l'OMS a reconnu le 7 juillet que des preuves émergeaient validant la thèse de la transmission par l'air. Selon Benedetta Allegranzi, responsable technique de l'OMS, la possibilité d'une transmission aérienne dans les lieux publics ne peut être exclue, « en particulier dans des conditions très spécifiques, comme les endroits surpeuplés, fermés, mal ventilés ». Cependant, « les preuves doivent être rassemblées et interprétées », a-t-elle souligné. Cette révélation pourrait changer bien des choses dans la façon d'appréhender l'épidémie. Elle prouve notamment l'utilité du port du masque dans les espaces fermés, même si les personnes maintiennent une distance de sécurité. Cette idée semble désormais avoir fait son chemin. Au mois de juin, l'OMS a ainsi ajusté ses recommandations sur le port du masque et indique le conseiller « dans les zones très fréquentées et à fort risque de transmission du virus ». Craignant une deuxième vague plusieurs pays ont également adapté leurs directives, à l'instar de la France, où le port du masque est obligatoire dans les « lieux publics clos.