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Comment lutter contre le moustique tigre ?

par webmaster le 24-08-2020

Comment lutter contre le moustique tigre ?


Publié le 23/08/2020 à 05:06 – La Dépêche

Arrivé d’Asie en Europe dans les années 90, le moustique tigre – Aedes albopictus de son nom scientifique – n’en finit pas d’étendre son territoire. Cette espèce très agressive qui pique de jour, particulièrement à l’aube et au crépuscule, et gâche l’été de nombreux Français a atteint l’Hexagone vers 2004 et concerne désormais plus de la moitié du territoire (en 2019, 58 départements sur les 96 départements métropolitains étaient colonisés). De quoi inquiéter les autorités car ce moustique est vecteur de maladie comme le chikungunya, la dengue, le virus Zika ou encore la fièvre jaune. Un rapport parlementaire publié au début du mois s’alarme de la situation. La commission d’enquête chargée d’évaluer les recherches, la prévention et les politiques publiques à mener contre la propagation des moustiques Aedes et des maladies vectorielles, pointe dans ce document un 'risque sanitaire majeur'… Par exemple les 'transmissions autochtones' de chikungunya détectées dans le Var sont passées de 2 à 17 en 2017 et le virus Zika a frappé à 12 reprises dans le Var, le Rhône, les Alpes-Maritimes et le Gard.

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Éviter la pulvérisation massive d’insecticide

'Si pendant cinquante ans le territoire métropolitain a vécu à l’abri des maladies transmises par les moustiques, tel n’est plus le cas aujourd’hui. Il faudra apprendre à vivre avec eux, en limitant au mieux leur impact sur la santé des Français' explique la rapporteure et députée LREM de Mayotte Ramlati Ali. Présidée par l’ex-ministre PS des Outre-mer Ericka Bareigts, qui vient de quitter l’Assemblée pour la mairie de Saint-Denis de La Réunion, la commission a soumis 46 propositions pour 'refonder une politique de prévention', 'remettre à plat le cadre institutionnel' de la lutte contre la prolifération de ces moustiques ou 'pérenniser' les moyens de la recherche. 'Lutter contre la prolifération des moustiques nécessite ainsi de mobiliser les énergies et les compétences autour du premier acteur de sa santé, le citoyen', indique le rapport.

A lire aussi : Moustique tigre : pourquoi ils nous préfèrent aux animaux  En matière d’insecticides, la deltaméthrine 'est aujourd’hui la seule substance dont disposent les pouvoirs publics pour lutter, à court terme, contre les moustiques Aedes sur un lieu donné', souligne le rapport. Mais si ce produit 'demeure indispensable', la commission d’enquête plaide pour éviter des pulvérisations massives, pour des raisons environnementales ou par crainte 'd’augmenter le risque d’apparition d’une résistance au produit chez les moustiques'. Elle appelle à diversifier les molécules et privilégier les actions de terrain.

La carte du moustique tigre. - DDM - PhR

Sont préconisées également une meilleure information du public et la mise en place 'dans les territoires affectés d’un plan régional de prévention contre le développement des gîtes larvaires'. La commission demande aussi de fournir aux maires un guide des actions pour lutter contre les moustiques Aedes ; elle propose de rendre systématique, dans chaque commune, la désignation d’un référent technique 'santé environnementale', incluant le risque vectoriel. A lire aussi : Moustique tigre : 'La solution parfaite contre lui n’existe pas'  La commission insiste aussi sur l’importance de la recherche. Elle préconise ainsi d’organiser le financement public des recherches relatives aux arboviroses sur une base prospective et pérenne plutôt qu’en réaction aux épidémies constatées et veut faire de la recherche dans le domaine des vecteurs et maladies émergentes une priorité du prochain programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche Horizon Europe (2021-2027). Elle insiste notamment pour encourager la recherche et l’expérimentation de nouvelles techniques de lutte contre les vecteurs, notamment à partir des techniques de l’insecte stérile. C’est justement ce point qui semble le plus prometteur si l’on en juge par les travaux du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) basé à Montpellier, qui a mis au point une technique de lâcher de moustiques mâles stériles par drones. Testée au Brésil, la méthode a montré son efficacité.

Philippe Rioux
@techno média