RETOUR

Jean-Michel Blanquer au JDD : Nous sommes prépar&s à tout

par Pierre Berthet le 30-08-2020

Jean-Michel Blanquer au JDD, nous sommes préparés à tout

29 août 2020- Hervé Gattegno, Marie Quenet, Sarah Paillou - JDD.

INTERVIEW - A deux jours de la rentrée, Jean-Michel ­Blanquer détaille les conditions d’une reprise des cours sous la menace de l’épidémie. Plus de 12,3 millions d'élèves retourneront mardi à l'école, certains après plusieurs mois d'interruption. Une rentrée hors norme, placée sous le signe du Covid-19. Le ministre de l'Education nationale entend poursuivre ses réformes mais enseignants, parents et enfants se préoccupent davantage des règles sanitaires et des risques de fermeture de classe. Organisation au quotidien, tests aléatoires, rattrapage scolaire... Jean-Michel ­Blanquer répond aux principales interrogations. Et annonce le lancement d'un ­Grenelle des professeurs, plus que jamais en première ligne.

Lire aussi -EXCLUSIF. Jean-Michel Blanquer lance 'un Grenelle des professeurs' Vous avez promis une rentrée scolaire 'normale' malgré l'épidémie. En êtes-vous vraiment sûr? Ça sera une année aussi normale que possible. Tout ne doit pas être écrasé par la réalité sanitaire. Il faut être vigilant, mais ne pas oublier les impératifs éducatifs et sociaux, ni dévier de nos deux objectifs : améliorer le niveau scolaire de chaque enfant et réduire les inégalités. Y aurait-il des classes ou des écoles fermées mardi? Cela se décide par une analyse quotidienne au jour le jour, en fonction de la situation sanitaire de chaque territoire. Il y en aura, mais le moins possible. On peut imaginer que dans les prochaines semaines ou prochains mois, des mesures plus fortes s'appliquent dans certains territoires Vous dites que le protocole sanitaire est un des plus stricts d'Europe, mais en Italie, le port du masque est obligatoire dès l'âge de 6?ans… L'Italie, qui n'a pas rouvert ses écoles depuis mars, se trouve dans un cas particulier. Mais le port du masque n'est pas obligatoire partout en Europe. Nos règles –?masque en toute circonstance pour les enseignants et les élèves à partir de 11?ans, principe du non-brassage recommandé?– se caractérisent par leur homogénéité nationale, contrairement aux mesures édictées dans d'autres pays comme l'Allemagne. Dans les zones rouges comme Paris ou Marseille, faut-il basculer vers un protocole plus strict? Chaque décision est prise en étroite relation avec les autorités sanitaires locales. Le protocole élaboré en juillet, clair et simple, permet de répondre à l'ensemble des situations. Mais on peut imaginer que dans les prochaines semaines ou prochains mois, des mesures plus fortes s'appliquent dans certains territoires : obligation –?et plus seulement incitation?– de non-brassage entre les groupes d'âge, réduction des tailles de classes, fermeture d'établissements… Nous sommes préparés. Mais ce n'est pas d'actualité pour le 1er?septembre. Pour l'instant, le nombre de contaminations n'est pas comparable à celui de mars. Dans une tribune publiée hier sur le site du Parisien, un collectif de médecins estime que 'l'école n'est pas prête' et dresse des propositions sanitaires. Que leur répondez-vous?  Nos recommandations sanitaires sont directement inspirées par les avis du Haut Conseil à la santé publique. Nous consultons aussi des médecins spécialistes des enfants. Cette semaine encore, la société française de pédiatrie, dans une réunion à la direction générale de la santé, a validé nos positions. Le port du masque à partir de 12 ans est une recommandation de l'OMS et c'est ce que suivent de nombreux pays. Sur les autres sujets, nous sommes en réalité en conformité avec ce que cette tribune demande, avec des procédures prêtes en cas de situation de fermeture ou encore sur le sujet des tests. La plupart des documents de préparation sont d'ailleurs publics et disponibles sur notre site. J'invite donc ce groupe de médecins à échanger dès qu'il le souhaite avec le ministère. Ce sera plus constructif. Et je serai toujours attentif à leurs avis comme je l'ai été à ceux des institutions et spécialistes qui ont contribué à l'élaboration de ce protocole. À chaque fois que quelqu'un, enfant ou adulte, présente des symptômes du ­Covid-19, on entre dans la ­logique de test, d'isolement

Des cours auront-ils lieu dans des gymnases? Chaque territoire se prépare à l'éventualité dans laquelle on ne pourrait pas faire tous les cours en classe. Il est normal que Paris et Marseille regardent leurs options avec plus d'attention. Mais il n'y aura pas de classe dans des espaces externalisés à la rentrée, ce sera mis en place seulement si on ne peut plus accueillir tous les élèves en même temps en classe. Quand décidera-t-on de fermer une classe? Pour la société française de pédiatrie, ce n'est justifié que s'il y a au moins trois élèves infectés.  Je suis très attentif aux avis de la société de pédiatrie. Les seuils déclenchant la fermeture relèvent des autorités sanitaires. L'Éducation nationale, elle, travaille sur les conséquences des décisions de fermeture. Un enfant doit-il rester chez lui dès la moindre toux? On aura sans doute moins de maladies chez les enfants cette année, du fait de toutes les précautions que l'on prend pour l'hygiène, comme le lavage des mains. À chaque fois que quelqu'un, enfant ou adulte, présente des symptômes du ­Covid-19, on entre dans la ­logique de test, d'isolement.